01 - 21 juin 2026
CRIB, Rue de Courtrai 53, Molenbeek Saint-Jean
Louise Belin
Clément Hébert
Matthias Odin
Attends parce que y a un mec au téléphone juste à côté là c’est infernal. En gros c’est comme
C’est comme une fenêtre. Pense double vitrage, PEB D grand max. Pense technique du briquet, avec la lueur de la flamme, la ueur une deuxième fois sur la vitre, une troisième, une quatrième et une cinquième fois. À un moment je me suis dit « muqueuse » pour le côté protection, communication, porosité, mais il faut vraiment vraiment qu’on commence à se remettre de tout ce délire de surface et de profondeur, donc oublie. Vraiment le truc c’est : double vitrage, avec tout ce qu’il y a dedans qui se confond plusieurs fois sur ce qu’il y a dehors.
Ça m’a fait penser à cette histoire de IN AND OUT, avec tu sais là Weiner, c’est Lawrence Weiner. J’ai plus les dimensions des fenêtres du MAMCO en tête mais de mémoire ça fait un damier bien propre de vitres, quand même assez grand, avec IN AND OUT AND IN AND OUT etc etc bref tu vois, en lettres de vinyle adhésif dessus. Je crois parfois sur la paroi intérieure parfois sur la paroi extérieure. Bref hum je sais plus où je voulais en venir.
Ah
Oui du coup ce que je me disais c’est que Matthias c’est comme OUT dans IN, Louise c’est IN dans OUT, et Clément bah c’est OUT dans IN mais vraiment très out, au‐delout. Pense strates, pense ères, pense réfraction, pense lancer de dés, foyer qui déborde, machine qui ne s’arrête jamais, hantise.
Et du coup forcément découper les espaces et les ramener ailleurs comme ça, ça implique un rapport au temps, euh, un rapport au temps, spectral. Donc ouais, dialogue ininterrompu quoi, temps infini. Tu vois là ce message tu pourrais ne plus te souvenir de mon visage et l’attribuer à n’importe quel autre, je sais pas moi, en recomposer un. Tu peux me couper la tête.
Moi je pense que ça le fait ce truc d’aller-retour, de ramener les voix du dehors dedans, et du dedans dehors, des indices virtuels, des objets qui parlent entre eux, jamais à nous directement (limite s’ils complotaient pas contre nous), et des espaces et temporalités qui se superposent.
C’est pour ça, je me disais : baie vitrée contre laquelle les mouches viennent cogner, velux qui grince sur lequel sont écrasés des résidus dégoûtants, oscillo-battante qui fait rentrer quelques gouttes de pluie, reflet de la flamme du briquet qui se démultiplie et se dépose sur la rue dehors.
Une proposition de Luke Luke Luke, Paul Perrucon & Magali Pichon
Curation par Luke Luke Luke et Paul Perrucon
Texte par Magali Pichon
Vues d'exposition par Fabrice Schneider
Livret d’exposition (pdf)